09/10/2022

Jivago

 



Bonjour mes amis, ici Youri Jivago.
J'ai cru bon de sortir de la paix et de la sérénité que j'ai enfin trouvées ici, réuni pour toujours avec mon amour Lara, pour vous avertir en toute amitié.
Comme vous, je tenais à garder mes distances entre les bolcheviques et les partisans du tsar, mais la révolution est venue à moi, m'a confisqué mes résidences, m'a appauvri au point que j'ai brûlé mon mobilier pour me chauffer, m'a tué par épuisement physique et moral.
Et je vois ce qui arrive chez vous, la police de la pensée s'installe, on vous dit les mots clés, réchauffement climatique, geste éco-responsable, geste barrière, et on vous interdit de douter, de critiquer, vous êtes condamnés à vous taire ou à passer pour de dangereux complotistes. Chez moi, nous étions des contre-révolutionnaires.
On vous dit comment vous vêtir, vous chauffer, vous comporter. On vous désigne qui vous devez détester, aduler, dénoncer. 0n vous culpabilise, fragilise, pénalise.
La dictature rouge qui m'a détruit est remplacée par une dictature verte qui vous détruira si vous ne réagissez pas, si vous vous contentez de faire comme je le fis, écrire des poèmes et rêver un idéal qui n'arriva jamais.
Ne faites pas comme moi, n'attendez pas que la situation soit irréversible.
Je vais retrouver Lara, toujours aussi belle.
Bon courage à tous et vive la liberté d'expression.
Votre ami Youri Jivago.