31/05/2018

Au bar-tabac ♫






Chanson de Marie-Paule Belle, Francoise Malet-Joris et Michel Grisolia (1974)


Il est cinq heures trente
Il est encore trop tôt
Et dans les rues, il vente
Mais j´aime mieux le chaud
Lentement, je pénètre
Dans le Café Renard
Et je me sens renaître
Donnez-moi donc à boire!

Au bar-tabac
De la rue Renard
Tombe le soir
Et tu n´es pas là
Au bar-tabac
De la rue Renard
Tombe le soir
Et tu n´es pas là

Le grand comptoir de marbre,
Des verres plein le dos,
Craque comme un vieil arbre
Quand on s´y appuie trop
Au plafond, de vieux lustres
Ont des lueurs fanées
Lentement, les minutes
Passent dans la fumée

Au bar-tabac
De la rue Renard
Il se fait tard
Et tu ne viens pas
Au bar-tabac
De la rue Renard
Il se fait tard
Et tu ne viens pas

Là-bas, derrière la vitre
Un tout petit monsieur
S´amuse à faire le pitre
En roulant de gros yeux
Devant moi, une femme
Belle comme un camée
Revit de sombres drames
Et n´ose pas pleurer

Au bar-tabac
De la rue Renard
Il est trop tard
Et tu ne viens pas
Au bar-tabac
De la rue Renard
Il est trop tard
Je rentre chez moi

***

J'aime beaucoup cette chanson mélancolique qui me rappelle le bar-tabac de Tonin Visconti que je fréquentais dans une autre vie.








29/05/2018

Glycine



Plante d'origine exotique dont les lianes grimpent, s'entremêlent, s'étalent en guirlandes et s'épanouissent en grappes odorantes de fleurs mauves ou bleues. 









Chanson d'Yves Gilbert et Jean-Claude Petit, interprétée par Serge Lama (1973)



Malgré la réputation qui m'est faite d'avoir la main verte, la glycine que j'avais plantée il y a une vingtaine d'années le long de la grille devant la maison n'a jamais voulu fleurir et je n'ai pas tardé à la remplacer par un forsythia moins récalcitrant...



***


28/05/2018

La Coupo Santo ♫


Je me souviens du chant patriotico-scout "Je t'aime Ô ma patrie" (certains prétendaient que c’était à l’origine une chanson polonaise) que nous entonnions le matin à la levée des couleurs lorsque dans mon enfance j’allais chaque année en colonie de vacances du côté de Cabourg






Je t’aime, ô ma Patrie, 
Pour tes monts neigeux et fiers, 
Pour la chanson jolie 
De tes fleuves toujours clairs. 
Pour tes grèves, 
Que soulèvent 
Des flots si bleus, 
Où l’on voit briller les cieux 
Calmes et radieux

 Je t’aime pour la grâce
 Dont se parent tes enfants, 
Pour la fierté qui passe 
Au regard de leurs vingt ans. 
Pour leur âme 
Qui s’enflamme 
Prompte au secours, 
Et se donne, sans retour,
 Dans un élan d'amour. 



Bien des années plus tard, lorsque je me suis installé définitivement dans le Midi, j’ai retrouvé la musique de cette chanson accompagnée de paroles en occitan que les gens bien pensants considéraient comme un hymne religieux provençal, persuadés que cette "coupe sainte" avait contenu le sang du Christ. 



En réalité, ces paroles de Frédéric Mistral concernaient une coupe offerte par le Catalan Victor Balaguer aux félibres provençaux en remerciement de leur accueil lorsqu’il avait été banni d’Espagne...



Cette coupe, en argent, soutenue par les deux sœurs latines : la Provence et la Catalogne, avait été réalisée par le statuaire Louis Guillaume Fulconis. 



Aujourd'hui, la Coupo Santo est  devenue une chanson de supporters de foot...





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Commentaires :
- Merci pour ces infos. Je connaissais les paroles et la musique de la Coupo Santo et son origine. Balaguer était un républicain espagnol pas trop "catho"... On ne doit donc pas prendre la Coupo Santo pour un ciboire mais plutôt comme un grand verre dont on partage le contenu "débordant"... Les "félibres" avaient un bon coup de fourchette et levaient facilement le coude... Les coupes sont devenues au fil du temps des objets "laïques" (Coupe de France)... Les paroles sont de Frédéric Mistral et l'harmonisation serait de Michel Floret sur lequel je n'ai pas de renseignement, je te laisse explorer cette piste en liaison peut-être avec la chanson "Je t'aime, ô ma patrie"... J'espère que tout roule pour vous tous. Je vous fais le poutoun. Jean-Luc 






27/05/2018

Souvenirs de Corse



Il y a bien longtemps, la lecture de "Colomba", une nouvelle de Prosper Mérimée étudiée en classe de 3ème, m’avait donné l'envie de découvrir la Corse et son maquis décrit comme le refuge de quiconque s’était brouillé avec la justice. 


Colomba pousse son frère Orso Antonio à la vendetta pour venger leur père tué par les Barriccini. 
"Quand on a un ennemi, il lui faut choisir entre les trois S : schioppetto, stiletto o strada" (fusil, stylet ou fuite).


J’ai finalement dû attendre l’année 1999 pour effectuer ma première traversée vers l’Île de Beauté. C’était au départ de Marseille, à bord du Danielle Casanova, un ferry assez récent à l’époque. 



Le voyage avait duré 12 heures. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser que j’aurais pu aller à Madagascar en avion dans le même temps… Mais la traversée de nuit s’était bien passée. Vent force 5/6 orienté sud-est. Mer peu agitée. Vitesse 18 nœuds. 
Arrivée à 7h30 à Ajaccio, Aiacciu, comme on dit là-bas. 


Notre neveu Thierry nous attendait au débarcadère avec la petite "Hyundai Atos" qu'il avait gagnée la veille à une loterie. 



Après nos retrouvailles, nous l'avons suivi jusqu'à Sarrola-Carcopino, le village d'origine de Francis Carco situé à une vingtaine de kilomètres d'Ajaccio, où notre neveu s'était installé en famille.

Ancienne carte postale de Sarrola-Carcopino
Après coup, je me suis souvenu que le mariage de mon écrivain préféré Romain Gary avec la star de la Nouvelle Vague Jean Seberg avait été célébré clandestinement, loin des paparazzis, à Sarrola-Carcopino en 1963, avec la complicité d'un agent corse des services secrets. 




Le village n'avait rien de folichon, mis à part les eucalyptus qui embaumaient. Mais ce n'était pas la senteur du maquis...
Après l'apéritif au Mattei Cap Corse suivi d'un déjeuner avec figatelli et lasagnes au bruccio, ce fut une balade au bord de mer vers Porticcio où je voyais enfin de l'eau bleu-turquoise et transparente et un paysage comme je les aime,...





Tour génoise

... nous avons gagné en fin d'après-midi l'appartement de la Résidence des îles où nous logerions pendant notre séjour, de l'autre côté d'Ajaccio, sur la route des Îles Sanguinaires.

 


En garant ma voiture sur le parking de la résidence, je me suis demandé si je n’allais pas repartir plus tôt que prévu sur le "continent", comme on dit là-bas pour parler de la France, le pays des pinzutu (terme péjoratif qui se prononce pin’sout et signifie pointu). 



On venait en effet de me prévenir que des gens mal intentionnés risquaient de faire sauter mon véhicule à cause de son numéro d’immatriculation métropolitain… 


En visitant Ajaccio, j'ai pu remarquer que Napoléon y était mis à toutes les sauces avec de nombreux monuments et l’inévitable cours Napoléon, les Champs Élysées de la ville, finalement grande comme un mouchoir de poche.








Nous sommes ensuite allés visiter, à une vingtaine de kilomètres, le centre d’élevage de tortues A capulatta, dans un cadre superbe de chênes verts au bord d’une rivière.


Puis nous décidons de descendre sur Bonifacio pour y passer une journée. Belle route mais un peu sinueuse et nous mettrons deux heures pour faire 130 kilomètres en passant par Olmeto, là où Mérimée avait situé l’histoire de Colomba…

Olmeto, le village de Colomba


… nous avions ensuite fait une pause café à Sartène un village dont je m’étais laissé dire que c’était l’un des fiefs de la mafia corse.




A Bonifacio la description qu'en faisait le guide Michelin correspondait exactement à la réalité avec le vieux village perché tout là-haut sur la falaise (et la maison de Marie-Josée Nat) surplombant la mer. 





Nous avions fait en vedette le tour des calanques jusqu’à la pointe extrême sud de la Corse, face à la Sardaigne à 9 kilomètres de là. De l’eau turquoise, violette, émeraude. Des grottes en forme de chapeau de Napoléon et des ouvertures en forme de carte de l’île. 






Pendant notre séjour, nous avons décidé de prendre le TGV (non pas un train à grande vitesse mais un train à grandes vibrations, localement surnommé U Trinighellu, ce qui signifie "Le Tremblotin") pour nous rendre à Bastia, ayant entendu dire que la ligne à une seule voie passait dans des paysages extraordinaires rappelant des images de Tintin au Pérou dans Le temple du soleil. 







Le parcours montagnard partant du niveau de la mer franchit la chaine centrale de la Corse qui culmine à près de mille mètres d'altitude à Vizzavona pour redescendre vers Bastia au niveau de la mer. 





Visite de Bastia plutôt décevante. La ville n'avait rien à voir avec Ajaccio et c'était à la limite du délabré dans le quartier du vieux port. Un ravaleur de façades aurait fait fortune dans le coin. 



Une autre fois, nous sommes allés visiter des Calanches de Piana, dans le golfe de Porto, dont on nous avait dit que c'était l'un des centres touristiques les plus prestigieux de la Corse, offrant de magnifiques paysages de mer et de montagne avec ces fameuses calanches de granit rose sculptées par le temps et érodées par le vent. 




Quinze jours après notre arrivée, personne n'avait finalement fait exploser notre voiture, et après une dernière balade vers les îles Sanguinaires dont nous ne nous lassions pas d'admirer le paysage, nous allions pouvoir embarquer à bord du Napoléon Bonaparte.







Le magnifique ferry mesurant 50 mètres de haut  pour 420 mètres de longueur n'avait alors que 2 ans d'âge. A l'intérieur, son équipement était digne d'un paquebot de luxe.






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