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31/12/2023

La petite marchande d'allumettes

 


Comme il faisait froid ! La neige tombait et la nuit n’était pas loin ; c’était le dernier soir de l’année, la veille du jour de l’an. Au milieu de ce froid et de cette obscurité, une pauvre petite fille passa dans la rue, la tête et les pieds nus.
Elle avait, il est vrai, des pantoufles en quittant la maison, mais elles ne lui avaient pas servi longtemps : c’étaient de grandes pantoufles que sa mère avait déjà usées, si grandes que la petite les perdit en se pressant de traverser la rue entre deux voitures. L’une fut réellement perdue ; quant à l’autre, un gamin l’emporta avec l’intention d’en faire un berceau pour son petit enfant, quand le ciel lui en donnerait un.
La petite fille cheminait avec ses petits pieds nus, qui étaient rouges et bleus de froid ; elle avait dans son vieux tablier une grande quantité d’allumettes, et elle portait à la main un paquet. C’était pour elle une mauvaise journée ; pas d’acheteurs, donc pas le moindre sou. Elle avait bien faim et bien froid, bien misérable mine.
Pauvre petite ! Les flocons de neige tombaient dans ses longs cheveux blonds, si gentiment bouclés autour de son cou ; mais songeait-elle seulement à ses cheveux bouclés ?
Les lumières brillaient aux fenêtres, le fumet des rôtis s’exhalait dans la rue ; c’était la veille du jour de l’an : voilà à quoi elle songeait.
Elle s’assit et s’affaissa sur elle-même dans un coin, entre deux maisons. Le froid la saisit de plus en plus, mais elle n’osait pas retourner chez elle : elle rapportait ses allumettes, et pas la plus petite pièce de monnaie. Son père la battrait ; et, du reste, chez elle, est-ce qu’il ne faisait pas froid aussi ? Ils logeaient sous le toit, et le vent soufflait au travers, quoique les plus grandes fentes eussent été bouchées avec de la paille et des chiffons.
Ses petites mains étaient presque mortes de froid. Hélas ! qu’une petite allumette leur ferait du bien ! Si elle osait en tirer une seule du paquet, la frotter sur le mur et réchauffer ses doigts ! Elle en tira une : ritch ! comme elle éclata ! comme elle brûla ! C’était une flamme chaude et claire comme une petite chandelle, quand elle la couvrit de sa main. Quelle lumière bizarre ! Il semblait à la petite fille qu’elle était assise devant un grand poêle de fer orné de boules et surmonté d’un couvercle en cuivre luisant. Le feu y brûlait si magnifique, il chauffait si bien ! Mais qu’y a-t-il donc ! La petite étendait déjà ses pieds pour les chauffer aussi ; la flamme s’éteignit, et le poêle disparut : elle était assise, un petit bout de l’allumette brûlée à la main.
Elle en frotta une seconde, qui brûla, qui brilla, et, là où la lueur tomba sur le mur, il devint transparent comme une gaze. La petite pouvait voir jusque dans une chambre où la table était couverte d’une nappe blanche, éblouissante de fines porcelaines, et sur laquelle une oie rôtie, farcie de pruneaux et de pommes, fumait avec un parfum délicieux.
Ô surprise ! ô bonheur ! Tout à coup l’oie sauta de son plat et roula sur le plancher, la fourchette et le couteau dans le dos, jusqu’à la pauvre fille.
L’allumette s’éteignit : elle n’avait devant elle que le mur épais et froid.
En voilà une troisième allumée. Aussitôt elle se vit assise sous un magnifique arbre de Noël ; il était plus riche et plus grand encore que celui qu’elle avait vu, à la Noël dernière, à travers la porte vitrée, chez le riche marchand.
Mille chandelles brûlaient sur les branches vertes, et des images de toutes couleurs, comme celles qui ornent les fenêtres des magasins, semblaient lui sourire.
La petite éleva les deux mains : l’allumette s’éteignit ; toutes les chandelles de Noël montaient, montaient, et elle s’aperçut alors que ce n’était que les étoiles.
Une d’elle tomba et traça une longue raie de feu dans le ciel.
"C’est quelqu’un qui meurt" se dit la petite ; car sa vieille grand’mère, qui seule avait été bonne pour elle, mais qui n’était plus, lui répétait souvent : "Lorsqu’une étoile tombe, c’est qu’une âme monte à Dieu."
Elle frotta encore une allumette sur le mur : il se fit une grande lumière au milieu de laquelle était la grand’mère debout, avec un air si doux, si radieux !
"Grand’mère s’écria la petite, emmène-moi. Lorsque l’allumette s’éteindra, je sais que tu n’y seras plus. Tu disparaîtras comme le poêle de fer, comme l’oie rôtie, comme le bel arbre de Noël."
Elle frotta promptement le reste du paquet, car elle tenait à garder sa grand’mère, et les allumettes répandirent un éclat plus vif que celui du jour.
Jamais la grand’mère n’avait été si grande ni si belle. Elle prit la petite fille sur son bras, et toutes les deux s’envolèrent joyeuses au milieu de ce rayonnement, si haut, si haut, qu’il n’y avait plus ni froid, ni faim, ni angoisse ; elles étaient chez le bon Dieu. 
Mais dans le coin, entre les deux maisons, était assise, quand vint la froide matinée, la petite fille, les joues toutes rouges, le sourire sur la bouche... Morte, morte de froid, le dernier soir de l’année.
Le jour de l’an se leva sur le petit cadavre assis là avec les allumettes, dont un paquet avait été presque tout brûlé.
"Elle a voulu se chauffer !" dit quelqu’un.
Tout le monde ignora les belles choses qu’elle avait vues, et au milieu de quelle splendeur elle était entrée avec sa vieille grand’mère dans la nouvelle année.

Hans Christian Andersen (1805-1875)



10/12/2023

La tresse



Sorti en salles le 29 novembre dernier, ce film formidable est l'adaptation du roman du même titre écrit par Laetitia Colombani, publié en 2017 et vendu à plus de 5 millions d'exemplaires. Laquelle Laetitia Colombani a transposé elle-même son ouvrage à l'écran.



L'histoire nous emmène à la rencontre de trois femmes. 
Il y a d'abord une mère de famille appartenant à la caste des intouchables et qui vit dans une commune rurale du Nord de l'Inde. Smita, interprétée par Mia Maelzer, rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l'école.



Ensuite dans une bourgade du Sud de l'Italie, Giulia, interprétée par Fotini Peluso, travaille dans l'atelier de son père. Lorsqu'il est victime d'un accident, elle découvre que l'entreprise familiale est ruinée.



Enfin au Canada, Sarah, interprétée par Kim Raver, est une avocate réputée de Montréal. Elle va être promue à la tête du cabinet d'avocats d'affaires quand elle apprend qu'elle est malade.



Trois vies, trois femmes, trois continents. Trois combats à mener. Si elles ne se connaissent pas, Smita, Giulia et Sarah sont liées sans le savoir par ce qu'elles ont de plus intime et de plus singulier...


 

  Un véritable chef-d'œuvre.

02/12/2023

Si...



Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui est mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

Rudyard Kipling (1865-1936)





01/12/2023

Qu'ai-je donc fait

Titre d'une anthropologie sentimentale de Jean d’Ormesson dans laquelle il passe à quelques aveux et donne de lui-même une image nouvelle. Et du monde où nous vivons une vision ironique et enchantée.
 

Petit extrait : "S'il y a un Dieu, il est caché, il est ailleurs, il est hors du temps, il n'obéit pas à nos lois et nous ne pouvons rien dire de lui. Nous ne pouvons décréter ni qu'il existe ni qu'il n'existe pas. Nous avons seulement le droit d'espérer qu'il existe. S'il n'existe pas, notre monde est absurde. S'il existe, mourir devient une fête et la vie, un mystère...
Je m'amuse de cette vie qui se réduit à presque rien s'il en existe une autre. Les malheurs , trop réels, les ambitions, les échecs, les grands desseins, et les passions elles-mêmes si douloureuses et si belles, changent un peu de couleurs. Avec souvent quelques larmes, je me mets à rire de presque tout. Les imbéciles et les méchants ont perdu leur venin. Pour un peu, je les aimerais. Une espèce de joie m'envahit. je n'ai plus peur de la mort puisqu'il n'est pas interdit d'en attendre une surprise. Je remercie je ne sais qui de m'avoir jeté dans une histoire dont je ne comprends pas grand-chose mais que je lis comme un roman difficile à quitter et que j'aurai beaucoup aimé.
J'ignore s'il y a un Dieu ailleurs, autre chose après la mort, un sens à cette vie et à l'éternité, mais je fais comme si ces promesses étaient déjà tenues et ces espérances, réalisées. Et je souhaite avec confiance qu'une puissance inconnue veille, de très loin, mais beaucoup mieux que nous, sur ce monde et sur moi."




25/11/2023

Katioucha

J'ai découvert ce diminutif affectueux du prénom russe Ekaterina dans le roman autobiographique "Les Russkoffs" de François Cavanna paru en 1979.



"...Ce que Lili Marleen est aux Chleuhs, Katioucha l'est aux Russkoffs. Mais Lili Marleen est poignant, désespéré, cafardeux d'un cafard envoûtant et morbide. Lili Marleen pue la guerre d'avance perdue, le désespoir désiré. Lili Marleen est subtilement décadent, vénéneux comme un opium, défaitiste par son flou même...
Katioucha, la Madelon des Russkoffs, c'est juste le contraire. Ça traine pas la patte. C'est pimpant, optimiste, concon, bonnes joues, sans problème. Et charmant. Surtout russe. Formidablement russe. Il faut avoir entendu cinquante voix sauvagement belles se soûler jusqu'aux larmes, jusqu'à la pamoison, en faisant des variations sur Katioucha... Les Russes chantent comme on fait l'amour. Comme on devrait faire l'amour : plus loin que l'orgasme, jusqu'à l'extase."


 


Ce chant patriotique russe a été composée par Matvey Blanter sur des paroles de Mikhail Isakovsky en 1938, à la veille de la deuxième guerre mondiale.

Pendant ce conflit, on donnera le nom de Katioucha (Katyusha) aux redoutables "orgues de Staline", ces lance-roquettes multiples utilisés par l'Armée rouge contre les troupes allemandes.




Mais revenons plutôt à la chanson Katioucha avec cette version française :



Les pommiers fleurissent la clairière,
Colorant le brouillard sur les eaux.
Katioucha dominait la rivière,
Et son chant planait sur les roseaux.

C’est le chant de l’aigle bleu des steppes;
Le soleil vers lui te guidera,
Vers celui dont elle garde les lettres,
Doux trésor précieux de Katioucha.

Vole au vent, vole chanson légère,
Vers celui qui au loin s’en alla,
Vers celui qui garde la frontière,
Porte le salut de Katioucha.

Des pommiers tombaient les feuilles mortes,
Et la neige recouvrait les monts,
Quand un jour arriva au kolkhoze,
La réponse ardente du soldat.

Les pommiers fleurissent la clairière
Colorant le brouillard sur les eaux.
Katioucha dominait la rivière,
Et son chant planait sur les roseaux.





17/11/2023

Tous vaccinés, tous protégés...

Ce refrain était la promesse d’une solution anti-Covid efficace à 95 %, annoncée par les fabricants et reprise à l’unisson par les autorités et les médias. 
Mais malgré leur injection en masse, les vaccins anti-Covid expérimentaux n’ont pas empêché les infections, les réinfections, ni les variants du virus, affolant les compteurs de tests. Pire, les effets indésirables post vaccination, handicapants ou mortels, sont devenus de plus en plus fréquents : myocardite, troubles neurologiques, trouble menstruels ou de la circulation sanguine. Les mois passent et de nouvelles alertes apparaissent. 








Dans son ouvrage, la biostatisticienne Christine Cotton apporte son regard de scientifique aguerrie pour éclairer avec brio deux ans de non-dits, voire de mensonges éhontés.



06/11/2023

L'œil de Moscou

Nom donné, depuis l'époque du communisme, à une personne suspectée de rapporter des faits en agissant comme un mouchard.

C'est le 30 décembre 1920 que naquit au Congrès de Tours le parti communiste français, adhérant à la III° Internationale communiste. Un certain Humbert-Droz, citoyen suisse, fut chargé par Moscou de surveiller les "camarades" de France au cas où ils n'appliqueraient pas la ligne du parti. La police, informée de la présence de ce Suisse sur le territoire français et de la tâche qui lui incombait, l'affubla du surnom "Œil de Moscou.




Plus tard, dans son roman "1984" publié en 1949, l'écrivain anglais George Orwell (1903-1950), s'inspirant du parti nazi et du système communiste, avait dépeint une société où tout le monde est sous surveillance constante. 




"Big Brother" est le chef d'un parti unique totalitaire dont le visage apparait sur tous les murs pour rappeler au peuple que lui et sa police de la pensée regardent, observent, contrôlent, surveillent. Chaque geste, chaque mot, chaque regard est étudié, disséqué, analysé. La délation est encouragée, pour le bien du chef suprême. L'adulation, l'allégeance au système, tout est faux parce que reposant sur la crainte et la répression. 


Voilà qui me rappelle le macronisme...



04/11/2023

Visa pour l'Amérique





Une étonnante poésie de Léo Ferré (1956) dite par Madeleine Ferré :

 

Amérique vois-tu ton lyrisme m’émeut
Tes gratte-ciel s’en vont par trois comme à l’école
Apprendre leurs leçons dans l’azur contagieux
Ils s’amusent parfois des riches cabrioles
Que font vertigineusement sur la cohue
Tes insectes maçons qui perdent la boussole
Peuple d’enfants éclos dans un tohu-bohu
Germe d’un premier lit d’une Europe malade
Tes races dans les milk-bazars font du chahut
Ô peuple de gitans géographes nomades
Western perpétuel qui dors à Washington
Tes Peaux-Rouges n’ont plus le sens de l'embuscade
Ils plient sous le fardeau de tes sine qua non
Le fusil mort debout au fronton des réserves
Et le râle employé à des éléïsons
Le poétique végétal mis en conserve
Moisit dans le gésier de tes adolescents
Qui mettent des cocardes aux fesses de Minerve
Toi tu vis aux crochets de la banque et du sang
Fabriquant des monnaies à l’étalon des autres
Garce qui prend son lait au monde vieillissant
Nous avons une église et tu as des apôtres
Qui viennent mitraillette au poing tous les vingt ans
Dans notre moyen âge où leur carne se vautre
Les abattoirs de Chicago sont débordés
Notre-Dame à Paris est en pierres d'époque
Les grèves à New York ça fait mauvais effet
Amérique vois-tu ton lyrisme est baroque
Tes pin-up font la peau aux enfants de Pantin
Le cœur éberlué sous leurs pauvres défroques
Tes gangsters d’Épinal couvent des assassins
Qui sortent des cinés les menottes aux pognes
Le cœur arraisonné battant sous ton grappin
Bohémienne domptée au service des cognes
Tes hôtels sont barrés tes amants sans papiers
Donneraient bien tes cops pour un bois de Boulogne
Tu crains de ne pouvoir brûler tous les fichiers
Qui se baladent dans la tête des fantômes
Visiteurs importuns de tes blancs négriers
Pendant que leurs enfants improvisent des psaumes
Dans les temples du jazz la trompette aux abois
La peine dans le blues et la crampe à la paume
L’échéance inflexible et le chèque à l'étroit
Le cordonnier a la voiture américaine
Et siffle des cireurs au dollar dans la voix
Paradis mensuel du bonheur à la chaîne
Les machines électroniques font crédit
Les frigidaires rafraîchissent la migraine
Le dollar ouvrier se fait des alibis
Le soir sur son grabat doublé de gabardine
Il n’a que deux jours pour payer tes habits
Deux mois pour ta maison sept pour la zibeline
Que tu prêtes à sa femme à chaque bal public
Où elle va geignant des désirs de cantine
Quand je vois de tes fils mâchant leur ombilic
Sur quelque char à bancs où s’étale ton chiffre
Je pense à la misère noble du moujik
Au berger provençal au Belge qui s’empiffre
A l’Allemand nazi qui dort sous quelques fleurs
A l’Italien qui se travaille dans le fifre
Aux valses de Ravel au rite d'Elseneur
Au Juif déraciné qui fuit la Palestine
Au Carrousel le mois d’octobre au lac Majeur
A Chartres à Reims à Caen aux chansons de Racine
Aux chevaux de Paris qui fuient les abattoirs
A Diaghilev à Beethoven aux Capucines
Qui fanent en dansant juillet sur les trottoirs
A tout ce que j’oublie aux Alpes misanthropes
A l’Orgueil au Refus à l’Allure à l’Espoir
Images se brouillant au kaléidoscope
Que me fait l’œil de tes gamins frais importés
Et j’y vois doucement mourir la Vieille Europe








24/10/2023

La vieille qui marchait dans la mer


Titre d'un roman, publié sous le nom de San-Antonio en 1988 et considéré comme l’un des chefs-d'œuvre de Frédéric Dard.




Lady M. est une vieille dame de plus de quatre-vingt ans. Avec son ancien amant, Pompilius Senaresco, ancien diplomate roumain, elle fréquente le beau monde et passe son temps à escroquer, ou faire chanter les princes, les riches industriels et les politiques. Mais un beau jour, dans une station balnéaire de Guadeloupe, elle se fait prendre à son propre piège et se fait dérober un bijou par un jeune moniteur. Elle décide aussitôt d'en faire son élève, et de lui apprendre toutes les ficelles du métier avant de disparaître.

Le roman a été adapté au cinéma sous le même titre par le réalisateur Laurent Heynemann en 1991, avec Jeanne Moreau dans le rôle principal.










20/10/2023

Le temps qui passe



Les petits vieux assis sur un banc
Regardent les passants
Devant eux s'agiter
C'est avec tant de tendresse
Et un peu de détresse
Qu'ils pensent à leur jeunesse
A jamais envolée

Les petits vieux assis sur un banc
Ne demandent pas grand chose
Seulement d'exister
Et surtout considérés
Un sourire ! un regard
Et toujours avec espoir
De leur présence s'apercevoir

Les petits vieux assis sur un banc
S'en vont retrouver avec lassitude
Leur grande solitude
Pourquoi tant d'ingratitude
Envers les personnes agées

Les petits vieux assis sur un banc
Pourraient encore nous en conter
Pourquoi les ignorer
Et ne pas oublier
Que sur les chemins tracés
Par leur savoir donné
Dépend notre destinée

Quelle sera notre attitude
Quand le temps sera venu
Et que nous serons devenus
Les petits vieux assis sur un banc





Merci à Nanouchka


29/09/2023

La peur



"Phénomène psychologique à caractère affectif marqué, qui accompagne la prise de conscience justifiée ou non d'un danger, d'une menace pour la sensibilité du sujet, et qui peut prendre la forme soit d'une émotion-choc, soit d'un sentiment pénible d'insécurité, de désarroi à l'égard d'évènements de gravité variable, actuels ou prévus." Le Robert









28/09/2023

La semaine des 4 jeudis

Dans mon enfance, lorsque je fréquentais l'école communale Paul Bert de Chatou, les écoliers avaient un jour de congé hebdomadaire le jeudi. 



Puis, il fut décidé qu'à compter de la rentrée scolaire de 1972, l’interruption des cours pour l’enseignement primaire serait reportée du jeudi au mercredi. Adieu donc la semaine imaginaire des 4 jeudis qui avait été considérée par des générations d’écoliers comme une forme de paradis aussi désirable qu’inaccessible...




Voilà qui m'amène à un poème d'Alfred Rosset intitulé "La semaine des 40 siècles", que l'un de mes fidèles lecteurs m'a fait connaitre dernièrement :

Lundi, morne Lundi, Lundi de bouche amère ;
Jour pénible, écœurant, jour sans fin, jour maudit !
Je trouve qu'on devrait supprimer le Lundi,
Ce Lundi long et lourd et laid, qui m’exaspère.

Le Mardi lui non plus ne m'enthousiasme guère.
Il est fade, et maussade. Il sent le bigoudi.
Mercredi, l'atmosphère se dégourdit.
On s’éveille, on renait à la vie, on espère...

Et voici le Jeudi, le Jeudi d’organdi.
Le cœur bat. Vendredi n'est pas loin, on se dit
Courage ! On le verra, le bout de la semaine.

Et c’est l'apothéose enfin du Samedi,
Jour bien plus beau que ce Dimanche de migraine
Que hante grimaçant le spectre du Lundi.


***

Avec mes remerciements à Stéphane DLP



18/09/2023

Après

Préposition issue du latin ad pressum signifiant postériorité dans le temps. 
Exemples : Le printemps vient toujours après l'hiver, Après la pluie vient le beau temps, Après moi, le déluge, etc.




A peine la journée commencée et il est déjà six heures du soir,
A peine arrivé le lundi et c’est déjà vendredi,
Et le mois est déjà fini,
Et l’année est presque écoulée,
Et déjà 40, 50, ou 60 ans de nos vies sont passés,
Et on se rend compte qu’on a perdu nos parents, des amis,
Et on se rend compte qu’il est trop tard pour revenir en arrière.
Alors… 
Essayons malgré tout, de profiter à fond du temps qui nous reste,
N’arrêtons pas de chercher à avoir des activités qui nous plaisent,
Mettons de la couleur dans notre grisaille,
Sourions aux petites choses de la vie qui mettent du baume dans nos cœurs.
Et malgré tout, il nous faut continuer de profiter avec sérénité de ce temps qui nous reste.
Essayons d’éliminer les "après"
Je le ferai après,
Je dirai après,
J’y penserai après,
On laisse tout pour plus tard comme si "après" était à nous.
Car ce qu’on ne comprend pas, c’est que :
Après, le café se refroidit …
Après, les priorités changent …
Après, le charme est rompu …
Après, la santé passe …
Après, les enfants grandissent …
Après, les parents vieillissent …
Après, les promesses sont oubliées …
Après, le jour devient la nuit …
Après, la vie se termine …
Et Après c’est souvent trop tard…..
Alors…
 Ne laissons rien pour plus tard…
Car en attendant toujours plus tard, 
Nous pouvons perdre les meilleurs moments, 
Les meilleures expériences,
Les meilleurs amis,
La meilleure famille…
Le jour est aujourd’hui
L’instant est maintenant…

Jacques Prévert




Je t'attends, tu t'étends
Sur un autre sujet
Que moi
Je t'espère, je te perds
Comme un objet, un an
Et un mois

J'apprends que tu t'éprends
D'un plus grand, d'un plus beau
Pourquoi?
Je t'écoute, ça me coûte
Me dire combien c'est chaud
Dans ses bras

Je sais c'est moi qui t'ai
Quitté, mais toi qui t'es
Pour penser qu'après moi
L'herbe repoussera?
Après moi je veux
Qu'on soit malheureux

Je sais c'est moi qui t'ai
Quitté, mais toi qui t'es?
Ni Noé ni refuge
Après moi le déluge
Après moi la pluie
Sauve qui peut la vie
Et puis fini



15/09/2023

La légende de la nonne ♫

Adaptation musicale de Georges Brassens en 1956 d'un poème de Victor Hugo publié en 1828 dans le recueil "Odes et ballades".




Venez, vous dont l'œil étincelle
Pour entendre une histoire encore
Approchez, je vous dirai celle
De Doña Padilla del Flor
Elle était d'Alanje, où s'entassent
Les collines et les halliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Il est des filles à Grenade
Il en est à Séville aussi
Qui, pour la moindre sérénade
À l'amour demandent merci
Il en est que parfois embrassent
Le soir, de hardis cavaliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Ce n'est pas sur ce ton frivole
Qu'il faut parler de Padilla
Car jamais prunelle espagnole
D'un feu plus chaste ne brilla
Elle fuyait ceux qui pourchassent
Les filles sous les peupliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Elle prit le voile à Tolède
Au grand soupir des gens du lieu
Comme si, quand on n'est pas laide
On avait droit d'épouser Dieu
Peu s'en fallut que ne pleurassent
Les soudards et les écoliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Or, la belle à peine cloîtrée
Amour en son cœur s'installa
Un fier brigand de la contrée
Vint alors et dit "me voilà"
Quelquefois les brigands surpassent
En audace les chevaliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Il était laid, les traits austères
La main plus rude que le gant
Mais l'amour a bien des mystères
Et la nonne aima le brigand
On voit des biches qui remplacent
Leurs beaux cerfs par des sangliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

La nonne osa, dit la chronique
Au brigand par l'enfer conduit
Aux pieds de Sainte Véronique
Donner un rendez-vous la nuit
À l'heure où les corbeaux croassent
Volant dans l'ombre par milliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Or quand, dans la nef descendue
La nonne appela le bandit
Au lieu de la voix attendue
C'est la foudre qui répondit
Dieu voulu que ses coups frappassent
Les amants par Satan liés
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Cette histoire de la novice
Saint Ildefonse, abbé, voulut
Qu'afin de préserver du vice
Les vierges qui font leur salut
Les prieurs la racontassent
Dans tous les couvents réguliers
Enfants, voici des bœufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers



14/09/2023

Journalisme




A propos des pratiques de certains journalistes, voici, par exemple, de quelles manières différentes serait traité le viol d'une jeune fille blanche par un migrant, un crime devenu banal comme il s’en produit malheureusement trop souvent en France : 

Article écrit par un journaliste normal :
"Une jeune fille de 10 ans a subi un viol ce week-end"
Un suspect a été interpellé sur les lieux du crime un couteau à la main. L’individu en question passera-t-il aux aveux ? Il s'agit d'un mineur isolé originaire d’Afrique noire, prénommé Aboubacar, défavorablement connu des services de police et déjà sous le coup d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français).
Ramenée aux urgences entre la vie et la mort, les jours de la jeune victime ne seraient plus en danger.

Article écrit par un journaliste "aux ordres":
"Une jeune fille aurait subi un viol ce week-end"
Un suspect, mineur isolé, Jérôme (le prénom a été changé) a été interpellé sur les lieux de cette soi-disant agression sexuelle, il tenait un objet contondant à la main. D’après l’AFP, le viol ne serait pas avéré. Inutile de rappeler à nos lecteurs que la présomption d’innocence doit prédominer avant tout.
Au commissariat local, nous avons pu entrapercevoir le suspect pendant quelques secondes. Le regard de Jérôme était marqué par la tristesse et l’incompréhension. Pourquoi la police française l’avait-elle donc arrêté ? Son visage imberbe de "petit ange" plein d’innocence est-il le reflet d’une méchanceté quelconque ? Bien sûr que non ! Les blessures superficielles de la "prétendue" victime le prouvent puisqu’elle n’est pas morte.
Mais nous savons déjà que certains médias titreront avec une avidité malsaine : "Viol d’une petite fille blanche de 10 ans par un migrant".


***

Les médias aux ordres :


***







12/09/2023

Le voyage en train...


La gare de ma ville natale

"A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos Parents.
On croit qu'ils voyageront toujours avec nous.
Pourtant, à une station, nos Parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage.
Au fur et à mesure que le temps passe, d'autres personnes montent dans le train.
Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l'amour de notre vie.
Beaucoup démissionneront (même éventuellement l'amour de notre vie), et laisseront un vide plus ou moins grand.
D'autres seront si discrets qu'on ne réalisera pas qu'ils ont quitté leurs sièges.
Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d'attentes, de bonjours, d'au-revoirs et d’adieux.
Le succès est d'avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu'on donne le meilleur de nous-mêmes.
On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons.
Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train, nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continueront leur voyage.
Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.
Aussi, merci d'être un des passagers de mon train.
Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d'avoir fait un bout de chemin avec vous.
Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train."
Jean D’Ormesson






 



09/09/2023

Tamy ♫

Tamy (juillet 2022)


S'il était le plus laid
De tous les chats du monde,
Je l'aimerais encore,
À cause de ses yeux.

Si j'étais le plus vieux
De tous les vieux du monde,
L'amour luirait encore
Dans le fond de ses yeux...

Adaptation libre d'un poème de Pierre Menanteau (1895-1992)










La ronronnement de Tamy, lorsqu'elle vient me dire "bonjour" chaque matin, traduit la marque de confiance qu'elle me donne. Elle me considère comme l'un des siens et me le dit ainsi. En mettant en marche le moteur du bonheur, Tamy me délivre un message d'amour.




Tamy l'ensorceleuse, huile sur toiles (55x46 cm)











Sur l’air de « Mamie blue »

J’ai recueilli à la maison
Un adorabl' petit chaton
A la rob’ noire et des tach’s brunes
Et des grands yeux couleur de lune

J’ai donné le nom de Tamy
A cett' petit' chatte jolie
Et elle est dev’nue mon amie
Pour la vie…

O Tamy, ô Tamy, , ô Tamy, ma Tamy, ô ma Tamy