07/11/2023

Traversée du désert

Au sens figuré, cette expression désigne une période dans la vie d'un homme politique durant laquelle celui-ci demeure éloigné des affaires de l'Etat. Le général de Gaulle connut par exemple une traversée du désert de 1946 à 1958. L'expression peut aussi s'appliquer à un artiste dont la cote de popularité est en baisse...



Origine de l'expression "traversée du désert" :
Selon l'Ancien Testament, lors de l'exode du peuple juif quittant l'Egypte à la recherche de la Terre promise, les Hébreux, sous la conduite de Moïse, traversèrent le désert du Sinaï pendant quarante ans avant de parvenir enfin à la terre de Canaan.



06/11/2023

L'œil de Moscou

Nom donné, depuis l'époque du communisme, à une personne suspectée de rapporter des faits en agissant comme un mouchard.

C'est le 30 décembre 1920 que naquit au Congrès de Tours le parti communiste français, adhérant à la III° Internationale communiste. Un certain Humbert-Droz, citoyen suisse, fut chargé par Moscou de surveiller les "camarades" de France au cas où ils n'appliqueraient pas la ligne du parti. La police, informée de la présence de ce Suisse sur le territoire français et de la tâche qui lui incombait, l'affubla du surnom "Œil de Moscou.




Plus tard, dans son roman "1984" publié en 1949, l'écrivain anglais George Orwell (1903-1950), s'inspirant du parti nazi et du système communiste, avait dépeint une société où tout le monde est sous surveillance constante. 




"Big Brother" est le chef d'un parti unique totalitaire dont le visage apparait sur tous les murs pour rappeler au peuple que lui et sa police de la pensée regardent, observent, contrôlent, surveillent. Chaque geste, chaque mot, chaque regard est étudié, disséqué, analysé. La délation est encouragée, pour le bien du chef suprême. L'adulation, l'allégeance au système, tout est faux parce que reposant sur la crainte et la répression. 


Voilà qui me rappelle le macronisme...



05/11/2023

Nuit tu me fais peur...♫

 



Une magnifique chanson interprétée par Elsa en 1986



Musique de Romano Musumarra, paroles de Catherine Cohen et Régis Wargnier. 

T'en va pas
Si tu l'aimes, t'en va pas
Papa si tu l'aimes dis-lui
Qu'elle est la femme de ta vie, vie, vie
Papa ne t'en va pas
On peut pas vivre sans toi
T'en va pas au bout de la nuit
 
Nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Il est parti sans moi
On n'ira plus au ciné tous les trois
 
Nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Il est parti sans moi
Papa si tu pensais un peu à moi

Où tu vas
Quand tu t'en vas d'ici?
J'arrive pas à vivre sans toi
Avec la femme de ta vie, vie, vie
Papa, fais pas d'conneries
Quand on s'aime, on s'en va pas
On ne part pas en pleine nuit

Nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Il est parti sans moi
Tu ne m'emmèneras jamais aux USA
 
Nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Il est parti sans moi
Papa je t'assure arrête ton cinéma
 
Nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Il est parti sans moi
Papa je suis sûre qu'un jour tu reviendras
 
Nuit, nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Papa je t'assure arrête ton cinéma
Nuit tu me fais peur Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Papa je suis sûre qu'un jour tu reviendras
 
Nuit qui n'en finit pas
Comme un voleur
Tu es parti sans moi
Papa je suis sûre qu'un jour tu reviendras
 
Nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Il est parti sans moi
Papa si tu pensais un peu
Si tu pensais un peu à moi
 
Nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Il est parti sans moi
Tu m'amèneras jamais aux USA
 
Nuit tu me fais peur
Nuit tu n'en finis pas
Comme un voleur
Tu es parti sans moi
Papa je suis sûre qu'un jour tu reviendras


Brassens, l'ultime troubadour



Chanson-hommage à Georges Brassens, magnifiquement interprétée par Irène et Sara.




04/11/2023

Visa pour l'Amérique





Une étonnante poésie de Léo Ferré (1956) dite par Madeleine Ferré :

 

Amérique vois-tu ton lyrisme m’émeut
Tes gratte-ciel s’en vont par trois comme à l’école
Apprendre leurs leçons dans l’azur contagieux
Ils s’amusent parfois des riches cabrioles
Que font vertigineusement sur la cohue
Tes insectes maçons qui perdent la boussole
Peuple d’enfants éclos dans un tohu-bohu
Germe d’un premier lit d’une Europe malade
Tes races dans les milk-bazars font du chahut
Ô peuple de gitans géographes nomades
Western perpétuel qui dors à Washington
Tes Peaux-Rouges n’ont plus le sens de l'embuscade
Ils plient sous le fardeau de tes sine qua non
Le fusil mort debout au fronton des réserves
Et le râle employé à des éléïsons
Le poétique végétal mis en conserve
Moisit dans le gésier de tes adolescents
Qui mettent des cocardes aux fesses de Minerve
Toi tu vis aux crochets de la banque et du sang
Fabriquant des monnaies à l’étalon des autres
Garce qui prend son lait au monde vieillissant
Nous avons une église et tu as des apôtres
Qui viennent mitraillette au poing tous les vingt ans
Dans notre moyen âge où leur carne se vautre
Les abattoirs de Chicago sont débordés
Notre-Dame à Paris est en pierres d'époque
Les grèves à New York ça fait mauvais effet
Amérique vois-tu ton lyrisme est baroque
Tes pin-up font la peau aux enfants de Pantin
Le cœur éberlué sous leurs pauvres défroques
Tes gangsters d’Épinal couvent des assassins
Qui sortent des cinés les menottes aux pognes
Le cœur arraisonné battant sous ton grappin
Bohémienne domptée au service des cognes
Tes hôtels sont barrés tes amants sans papiers
Donneraient bien tes cops pour un bois de Boulogne
Tu crains de ne pouvoir brûler tous les fichiers
Qui se baladent dans la tête des fantômes
Visiteurs importuns de tes blancs négriers
Pendant que leurs enfants improvisent des psaumes
Dans les temples du jazz la trompette aux abois
La peine dans le blues et la crampe à la paume
L’échéance inflexible et le chèque à l'étroit
Le cordonnier a la voiture américaine
Et siffle des cireurs au dollar dans la voix
Paradis mensuel du bonheur à la chaîne
Les machines électroniques font crédit
Les frigidaires rafraîchissent la migraine
Le dollar ouvrier se fait des alibis
Le soir sur son grabat doublé de gabardine
Il n’a que deux jours pour payer tes habits
Deux mois pour ta maison sept pour la zibeline
Que tu prêtes à sa femme à chaque bal public
Où elle va geignant des désirs de cantine
Quand je vois de tes fils mâchant leur ombilic
Sur quelque char à bancs où s’étale ton chiffre
Je pense à la misère noble du moujik
Au berger provençal au Belge qui s’empiffre
A l’Allemand nazi qui dort sous quelques fleurs
A l’Italien qui se travaille dans le fifre
Aux valses de Ravel au rite d'Elseneur
Au Juif déraciné qui fuit la Palestine
Au Carrousel le mois d’octobre au lac Majeur
A Chartres à Reims à Caen aux chansons de Racine
Aux chevaux de Paris qui fuient les abattoirs
A Diaghilev à Beethoven aux Capucines
Qui fanent en dansant juillet sur les trottoirs
A tout ce que j’oublie aux Alpes misanthropes
A l’Orgueil au Refus à l’Allure à l’Espoir
Images se brouillant au kaléidoscope
Que me fait l’œil de tes gamins frais importés
Et j’y vois doucement mourir la Vieille Europe








02/11/2023

La vie en rose ♫






Paroles: Édith Piaf, musique: Louiguy (1946)

Des yeux qui font baisser les miens
Un rire qui se perd sur sa bouche
Voilà le portrait sans retouches
De l'homme auquel j'appartiens

Quand il me prend dans ses bras
Il me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Il me dit des mots d'amour
Des mots de tous les jours
Et ça m'fait quelque chose
Il est entré dans mon cœur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C'est lui pour moi, moi pour lui, dans la vie
Il me l'a dit, l'a juré, pour la vie
Et dès que je l'aperçois
Alors je sens en moi,
Mon cœur qui bat

Des nuits d'amour à plus finir
Un grand bonheur qui prend sa place
Les ennuis, les chagrins s'effacent
Heureux, heureux à en mourir

Quand il me prend dans ses bras
Il me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Il me dit des mots d'amour
Des mots de tous les jours
Et ça m'fait quelque chose
Il est entré dans mon cœur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C'est toi pour moi, moi pour toi, dans la vie
Tu me l'as dit, l'as juré, pour la vie
Et dès que je t'aperçois
Alors je sens en moi
Mon cœur qui bat



Las Calaveras

Fête mexicaine célébrée le Jour des Morts.











 




Las Calaveras (Les crânes)

Al sonar las doce de la noche (Les 12 coups de minuit sonnent)
Las calaveras salen a pasear (Les crânes se lèvent)
Muy contentas se suben a su coche (Pour se promener très heureux en voiture)
En bicicleta y también a patinar (A bicyclette ou en patins)
Tumba, tumba, tumba vida (Tombe, tombe, tombe vide)
Ciérrate ya que viene la fria (Se referme quand vient la Mort)
Jajaja que risa me da (Hahaha que cela me fait rire)
Jajaja no me alcanzara (Hahaha elle ne m'attrapera pas)











01/11/2023

Le roi Renaud

Il ne s'agit pas de ce Renault là...



... mais d'une complainte apprise quand j'étais môme, qui m'est revenue en mémoire ce matin.





Le roi Renaud de guerre revint
tenant ses tripes dans ses mains.
Sa mère était sur le créneau
qui vit venir son fils Renaud.

– Renaud, Renaud, réjouis-toi!
Ta femme est accouché d’un roi!
– Ni de ma femme ni de mon fils
je ne saurais me réjouir.

Allez ma mère, partez devant,
faites-moi faire un beau lit blanc.
Guère de temps n’y resterai:
à la minuit trépasserai.

Mais faites-le moi faire ici-bas
que l’accouchée n’entende pas.
Et quand ce vint sur la minuit,
le roi Renaud rendit l’esprit..

Il ne fut pas le matin jour
que les valets pleuraient tous.
Il ne fut temps de déjeuner
que les servantes ont pleuré.

– Mais dites-moi, mère, m’amie,
que pleurent nos valets ici ?
– Ma fille, en baignant nos chevaux
ont laissé noyer le plus beau.

– Mais pourquoi, mère m’amie,
pour un cheval pleurer ainsi ?
Quand Renaud reviendra,
plus beau cheval ramènera.

Et dites-moi, mère m’amie,
que pleurent nos servantes ici ?
– Ma fille , en lavant nos linceuls
ont laissé aller le plus neuf.

Mais pourquoi, mère m’amie,
pour un linceul pleurer ainsi ?
Quand Renaud reviendra,
plus beau linceul on brodera.

Mais, dites-moi, mère m’amie,
que chantent les prêtres ici ?
– Ma fille c’est la procession
qui fait le tour de la maison.

Or, quand ce fut pour relever,
à la messe elle voulut aller,
et quand arriva le midi,
elle voulut mettre ses habits.

– Mais dites-moi, mère m’amie,
quel habit prendrai-je aujourd’hui ?
– Prenez le vert, prenez le gris,
prenez le noir pour mieux choisir.

– Mais dites-moi, mère m’amie,
qu’est-ce que ce noir-là signifie
– Femme qui relève d’enfant,
le noir lui est bien plus séant.

Quand elle fut dans l’église entrée,
un cierge on lui a présenté.
Aperçut en s’agenouillant
la terre fraîche sous son banc.

– Mais dites-moi, mère m’amie,
pourquoi la terre est rafraîchie?
– Ma fille, ne puis plus vous le cacher,
Renaud est mort et enterré.

– Renaud, Renaud, mon réconfort,
te voilà donc au rang des morts!
Divin Renaud , mon réconfort,
te voilà donc au rang des morts!

Puisque le roi Renaud est mort,
voici les clefs de mon trésor.
Prenez mes bagues et mes joyaux,
prenez bien soin du fils Renaud.

Terre, ouvre-toi, terre fends-toi,
que j’aille avec Renaud, mon roi!
Terre s’ouvrit, terre fendit,
et ci fut la belle engloutie



Le plus fort c'est mon père

 

https://s-obeit-et-r-agit.blogspot.com/2017/06/mon-pere-ce-heros.html


Comment t'as fait maman
Pour savoir que papa
Beau temps et mauvais temps
Il ne partirait pas
Est-ce que t'en était sûre, ou si tu savais pas
Est-ce que les déchirures, ça se prévoit?
Comment t'as fait, maman
Pour trouver le bon gars
Tu l'as connu comment
Tu l'as aimé pourquoi
Est-ce qu'il y en avait juste un 
Dans tout le présent siècle?
Et il se trouve que c'est toi qui dors avec
Comment t'as pu trouver
Un homme qui n'a pas peur
Qui promet sans trembler
Qui aime de tout son coeur
J'le disais y'a longtemps
Mais pas de la même manière 
T'as de la chance, maman
Le plus fort c'est mon père
Comment ça se fait maman
Que dans ma vie à moi
Avec autant d'amants
Avec autant de choix
J'ai pas encore trouvé un homme comme lui
Capable d'être ami, père et mari
Comment t'as fait maman
Pour lui ouvrir ton coeur
Sans qu'il parte en courant
Avec ce que t'as de meilleur
Est-ce qu'y a des mots magiques
Que t'as dit sans te rendre compte?
Explique-moi donc ce qui faudrait que je raconte
Comment t'as pu trouver
Un homme qui n'a pas peur
Qui promet sans trembler
Qui aime de tout son coeur
J'le disais y'a longtemps
Mais pas de la même manière
T'as de la chance, maman
Le plus fort c'est mon père
Et quand j'ai l'air de les aimer
Les hommes changent de regard
Si j'ose m'attacher
Ils se mettent à m'en vouloir
Si je parle d'avenir
Ils sont déjà loin derrière
J'avais raison de le dire
Le plus fort c'est mon père 
Vas-tu me dire maman
Comment t'as pu savoir
Dès le commencement
Que c'était pas un trouillard?
Qu'il allait pas s'enfuir
Et qu'il allait tout faire
Pour que je puisse dire
Le plus fort c'est mon père
Quel effet ça t'a fait
Quand tu l'as rencontré
Est-ce que ça paraissait
Qu'il allait tant t'aimer?
Les hommes bien souvent
Paraissent extraordinaires
Mais dis-toi bien maman
Que le plus fort c'est mon père