25/10/2018

Cold War

Film bouleversant, sorti hier en salles, de Pawel Pawlikowski qui signe un sublime mélodrame en noir et blanc, avec dans les rôles principaux Joanna Kulig et Tomasz Kot.



L'histoire : Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 50, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque qui l'est tout autant.



Le film mérite amplement son Prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Rien que cette bande-annonce est déjà un petit chef-d’œuvre...

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"C’est lui qui passe à l’Ouest, au début des années 1950, en profitant de la tournée d’une chorale polonaise qu’il dirige. Wiktor (Tomasz Kot) a le courage de fuir, alors que Zula (Joanna Kulig) non. Mais si elle ne vient pas au rendez-vous qu’il lui a fixé, c’est peut-être parce qu’elle devine que son absence est exactement ce qu’il attend… Après, ils ne feront plus que se rejoindre pour se quitter encore. Zula, devenue la star de son groupe folklorique, se marie avec un étranger de passage pour pouvoir traverser les frontières et rejoindre Wiktor à Paris, où il est arrangeur musical. Et lorsqu’elle le quitte, insatisfaite d’elle, d’eux, c’est Wiktor, maso, cinglé, inconscient, qui s’en retourne en Pologne se jeter dans la gueule du loup…De Joanna Kulig, Pawlikowski fait un personnage inouï qui, dès le départ, provoque, suscite le rejet : n’a-t-elle pas presque tué son père dans un accès de colère ? « C’est parce qu’il n’avait que trop tendance à me confondre avec sa femme », se justifie-t-elle…Tout au long des ans et des rencontres avec Wiktor, c’est elle qui incarne la révolte. La colère. Puis la lassitude devant un monde peuplé d’hypocrites et de lâches. Devant une société envoyant dans des camps tous les gêneurs qu’elle fait passer pour des « sociaux- traîtres ». A commencer par les artistes, qui le sont toujours, par définition. C’est évidemment ce passé douloureux bien connu de ses parents (le film leur est dédié) que recrée Pawel Pawlikowski, sous le masque d’un mélo à l’ancienne. Et l’on s’émeut, et l’on frissonne devant le sort de ces pauvres amants qui vont droit vers un destin qu’ils connaissent, acceptent et désirent."
Télérama